Les différentes formules du tachahoud en arabe et en français

L’essentiel à retenir : Le tachahoud (التشهد) est une invocation obligatoire de la prière musulmane, récitée en position assise. Il contient l’attestation de foi (shahada), le salam au Prophète ﷺ et la prière pour les serviteurs pieux d’Allah. Il existe deux moments : le tachahoud intermédiaire après la 2e rak’a, et le tachahoud final avant le taslim. Trois formules authentiques sont transmises par les compagnons : Ibn Mas’oud, Omar Ibn Al-Khattab et Ibn Abbas. Le tachahoud complet inclut les tahiyyat suivies de la salat ibrahimiyya. Cet article présente chaque formule en arabe, en phonétique et en français, avec leur signification mot à mot.

tachahoud

Le tachahoud (التشهد) est une partie importante de la prière musulmane. Chaque fidèle le récite plusieurs fois par jour, dans chaque salat. Pourtant, beaucoup l’ont appris par imitation, sans jamais en comprendre le sens réel. Cet article présente les différentes formules authentiques du tachahoud en arabe et en français, leur signification mot à mot, leur place dans la prière, et les conseils pour les mémoriser facilement.

Qu’est-ce que le tachahoud ?

Le mot tachahoud vient de la racine arabe شَهِدَ (shahida), qui signifie « témoigner ». C’est l’invocation de l’attestation de foi récitée en position assise pendant la prière. On l’appelle aussi at-tahiyyat (التحيات), parce qu’il commence par les mots at-tahiyyatu lillah, les salutations appartiennent à Allah.

Le tachahoud est une partie importante de la prière. Il contient la double attestation de foi : témoignage de l’unicité de la divinité et reconnaissance de la prophétie de Mohammed ﷺ. C’est un moment de connexion intime entre le croyant et son Seigneur.

Ibn Mas’oud (رضي الله عنه) rapporte que le Prophète ﷺ enseignait le tachahoud comme il enseignait une sourate du Coran, en tenant la main de ses compagnons. Ce détail suffit à mesurer le rang de cette invocation dans l’islam.

Pourquoi le tachahoud est-il si important dans la prière ?

Le tachahoud est un pilier de la salat. Son omission volontaire invalide la prière. Ce n’est pas une simple formalité. C’est un acte de soumission à Allah et une déclaration d’unicité prononcée plusieurs fois par jour.

C’est aussi le seul moment de la prière où le fidèle s’adresse directement au Prophète Muhammad ﷺ en disant assalamou alayka ayyouha nabiyyou « que la paix soit sur toi, ô Prophète ». Les savants expliquent que ce salam lui parvient réellement.

Le tachahoud renferme également la shahada. On renouvelle ainsi son attestation de foi à chaque assise de chaque prière. Ce renouvellement constant renforce le tawhid, l’unicité de la divinité, dans le cœur du musulman.

Quand réciter le tachahoud dans la prière ?

On distingue deux moments précis dans la salat.

Le tachahoud 1 : l’assise intermédiaire

Le premier tachahoud (التشهد الأوسط) intervient après la deuxième unité de prière dans les salats de trois ou quatre rak’at. On récite uniquement les tahiyyat. On ne prononce pas encore la prière sur le Prophète ﷺ. Après cette assise, on se relève pour continuer.

Ce tachahoud intermédiaire concerne les prières suivantes :

  • Dhouhr (4 rak’at) : après la 2e rak’a
  • Asr (4 rak’at) : après la 2e rak’a
  • Maghreb (3 rak’at) : après la 2e rak’a
  • Icha (4 rak’at) : après la 2e rak’a

La prière de fajr ne compte que deux rak’at. Elle ne comporte pas de tachahoud intermédiaire. On passe directement au tachahoud final.

Le tachahoud 2 : l’assise finale (tachahoud complet)

Le tachahoud final (التشهد الأخير) se récite à la fin de la dernière rak’a, juste avant le taslim. C’est ce que les gens appellent le tachahoud complet ou le tachahoud en entier. Il comprend trois éléments :

  1. La formule des tahiyyat, même texte que le premier tachahoud
  2. La salat ibrahimiyya, la prière sur le Prophète ﷺ et sa famille
  3. Des invocations de protection avant le taslim

Quelle est la bonne posture durant le tachahoud ?

La posture du tachahoud est décrite avec précision dans les hadiths authentiques. Elle ne s’improvise pas. Voici ce que la Sunna nous enseigne point par point :

  • Position des jambes au premier tachahoud ou l’iftirach (الافتراش) : la jambe gauche est repliée sous le corps, le pied droit dressé avec les orteils orientés vers la qibla. Rapporté par Abou Houmayd as-Sa’idi (رضي الله عنه) dans Sahih al-Bukhari.
  • Position des jambes au tachahoud final ou le tawarruk (التورك) : la jambe gauche sort vers la droite en passant sous la jambe droite, le pied droit reste dressé, et le bas du corps repose directement sur le sol. Même source.
  • Main gauche : posée à plat sur le genou gauche, doigts étendus.
  • Main droite : posée sur la cuisse droite. Le pouce rejoint le majeur en formant un anneau, l’annulaire et l’auriculaire sont repliés. L’index est levé en direction de la qibla au moment de l’attestation de foi. Rapporté par Ibn Zubayr (رضي الله عنه) dans Sahih Muslim, confirmé par Wail ibn Hujr (رضي الله عنه) chez Muslim et Ahmad.
  • Le regard : baissé, conformément à la description d’Ibn Zubayr dans le même hadith.

Les différentes formules authentiques du tachahoud

Plusieurs formules ont été transmises par des compagnons du Prophète ﷺ. Toutes sont authentiques et reconnues par les savants. En voici les trois principales.

Formule d’Ibn Mas’oud (رضي الله عنه) : la plus répandue

Rapportée par al-Bukhari et Muslim. C’est la version la plus utilisée dans le monde musulman.

En arabe :

التَّحِيَّاتُ لِلَّهِ وَالصَّلَوَاتُ وَالطَّيِّبَاتُ، السَّلاَمُ عَلَيْكَ أَيُّهَا النَّبِيُّ وَرَحْمَةُ اللَّهِ وَبَرَكَاتُهُ، السَّلاَمُ عَلَيْنَا وَعَلَى عِبَادِ اللَّهِ الصَّالِحِينَ، أَشْهَدُ أَنْ لاَ إِلَهَ إِلاَّ اللَّهُ وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّداً عَبْدُهُ وَرَسُولُهُ

Phonétique :

At-tahiyyatu lillahi was-salawatu wat-tayyibat. Assalamou alayka ayyouha nabiyyou wa rahmatoullahi wa barakatouh. Assalamou alayna wa ala ibadillahi assalihin. Ashhadou an la ilaha illallah wa ashhadou anna mouhammadan abdouhou wa rasoulouh.

Tachahoud en français :

« Les salutations appartiennent à Allah, ainsi que les prières et les bonnes œuvres. Que la paix soit sur toi, ô Prophète, ainsi que la miséricorde d’Allah et Sa bénédiction. Que la paix soit sur nous et sur les pieux serviteurs d’Allah. J’atteste qu’il n’y a de divinité digne d’adoration qu’Allah, et j’atteste que Mohammed est Son serviteur et Son messager. »

Formule d’Omar Ibn Al-Khattab (رضي الله عنه)

Omar (رضي الله عنه) l’enseignait publiquement du haut du minbar. Elle ajoute الزَّاكِيَاتُ (az-zakiyyat, « les œuvres pures ») au début.

En arabe :

التَّحِيَّاتُ لِلَّهِ، الزَّاكِيَاتُ لِلَّهِ، الطَّيِّبَاتُ الصَّلَوَاتُ لِلَّهِ، السَّلاَمُ عَلَيْكَ أَيُّهَا النَّبِيُّ وَرَحْمَةُ اللَّهِ وَبَرَكَاتُهُ، السَّلاَمُ عَلَيْنَا وَعَلَى عِبَادِ اللَّهِ الصَّالِحِينَ، أَشْهَدُ أَنْ لاَ إِلَهَ إِلاَّ اللَّهُ وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّداً عَبْدُهُ وَرَسُولُهُ

Phonétique :

At-tahiyyatu lillahi, az-zakiyyatu lillahi, at-tayyibatu as-salawatu lillahi. Assalamou alayka ayyouha nabiyyou wa rahmatoullahi wa barakatouh. Assalamou alayna wa ala ibadillahi assalihin. Ashhadou an la ilaha illallah wa ashhadou anna mouhammadan abdouhou wa rasoulouh.

En français :

« Les salutations appartiennent à Allah, les œuvres pures appartiennent à Allah, les bonnes prières appartiennent à Allah. Que la paix soit sur toi, ô Prophète, ainsi que la miséricorde d’Allah et Sa bénédiction. Que la paix soit sur nous et sur les pieux serviteurs d’Allah. J’atteste qu’il n’y a de divinité digne d’adoration qu’Allah, et j’atteste que Mohammed est Son serviteur et Son messager. »

Formule d’Ibn Abbas (رضي الله عنه)

Rapportée par Abu Dawud et at-Tirmidhi. Elle débute par التَّحِيَّاتُ المُبَارَكَاتُ (at-tahiyyatu al-mubarakatu, « les salutations bénies »).

En arabe :

التَّحِيَّاتُ المُبَارَكَاتُ الصَّلَوَاتُ الطَّيِّبَاتُ لِلَّهِ، السَّلاَمُ عَلَيْكَ أَيُّهَا النَّبِيُّ وَرَحْمَةُ اللَّهِ وَبَرَكَاتُهُ، السَّلاَمُ عَلَيْنَا وَعَلَى عِبَادِ اللَّهِ الصَّالِحِينَ، أَشْهَدُ أَنْ لاَ إِلَهَ إِلاَّ اللَّهُ وَأَشْهَدُ أَنَّ مُحَمَّداً رَسُولُ اللَّهِ

En français :

« Les salutations bénies, les prières et les bonnes œuvres appartiennent à Allah. Que la paix soit sur toi, ô Prophète, ainsi que la miséricorde d’Allah et Sa bénédiction. Que la paix soit sur nous et sur les pieux serviteurs d’Allah. J’atteste qu’il n’y a de divinité digne d’adoration qu’Allah, et j’atteste que Mohammed est le Messager d’Allah. »

Le tachahoud complet : avec la salat ibrahimiyya

Dans le tachahoud final, les tahiyyat sont suivies de la salat ibrahimiyya, la prière sur le Prophète Muhammad ﷺ et la famille d’Ibrahim (إبراهيم).

En arabe :

اللَّهُمَّ صَلِّ عَلَى مُحَمَّدٍ وَعَلَى آلِ مُحَمَّدٍ كَمَا صَلَّيْتَ عَلَى إِبْرَاهِيمَ وَعَلَى آلِ إِبْرَاهِيمَ إِنَّكَ حَمِيدٌ مَجِيدٌ، اللَّهُمَّ بَارِكْ عَلَى مُحَمَّدٍ وَعَلَى آلِ مُحَمَّدٍ كَمَا بَارَكْتَ عَلَى إِبْرَاهِيمَ وَعَلَى آلِ إِبْرَاهِيمَ إِنَّكَ حَمِيدٌ مَجِيدٌ

En français :

« Ô Allah, prie sur Mohammed et sur la famille de Mohammed, comme Tu as prié sur Ibrahim et sur la famille d’Ibrahim, Tu es certes Digne de louange et de gloire. Ô Allah, bénis Mohammed et la famille de Mohammed, comme Tu as béni Ibrahim et la famille d’Ibrahim, Tu es certes Digne de louange et de gloire. »

Après la salat ibrahimiyya, le fidèle peut prononcer des invocations (dou’a) avant le taslim. Il est recommandé de demander protection contre le châtiment du tombeau, le châtiment de l’Enfer, et l’épreuve du Faux Messie.

La signification du tachahoud en français : comprendre ce qu’on dit

Réciter le tachahoud en comprenant chaque mot transforme la qualité de la prière. Voici les clés pour entrer dans le sens de cette invocation en langue arabe.

التحيات لله (at-tahiyyatu lillah) : Toute salutation, tout hommage, toute forme de vénération n’appartient qu’à Allah seul. C’est une déclaration d’exclusivité divine dès le premier mot.

السلام عليك أيها النبي ورحمة الله وبركاته (assalamou alayka ayyouha nabiyyou wa rahmatoullahi wa barakatouh) : Salut direct adressé au Prophète Muhammad ﷺ. La miséricorde d’Allah et Sa bénédiction sont demandées pour lui. Ce salam lui parvient réellement, comme l’expliquent les savants.

السلام علينا وعلى عباد الله الصالحين (assalamou alayna wa ala ibadillahi assalihin) : La paix est demandée pour soi-même et pour tous les pieux serviteurs d’Allah à travers les temps. C’est une supplication collective qui dépasse le temps et l’espace. Chaque fidèle qui prononce ces mots prie pour l’ensemble de la communauté musulmane.

أشهد أن لا إله إلا الله (ashhadou an la ilaha illallah) : J’atteste qu’il n’y a de divinité digne d’adoration qu’Allah. C’est l’attestation de foi centrale. On la prononce en levant l’index de la main droite, signe de l’unicité divine.

وأشهد أن محمداً عبده ورسوله (wa ashhadou anna mouhammadan abdouhou wa rasoulouh) : J’atteste que Mohammed est Son serviteur et Son messager. Le mot ‘abd (serviteur) précède rasoul (messager). C’est délibéré : il rappelle que le Prophète ﷺ est un homme, non une divinité. Cette formulation protège l’unicité d’Allah.

Comment mémoriser le tachahoud facilement ?

Diviser le texte en cinq blocs. Les tahiyyat, le salam sur le Prophète, le salam général, la première attestation, la deuxième attestation. Apprenez un bloc par jour. Ne passez au suivant que lorsque le précédent est acquis.

Lire la traduction en parallèle. Chaque fois que vous répétez une phrase en arabe, lisez immédiatement sa traduction française. Le sens s’ancre dans la mémoire bien mieux que la répétition mécanique. Comprendre ce que l’on dit nourrit le recueillement (خشوع, khushou’).

Utiliser la phonétique comme béquille, pas comme fin. La transcription phonétique aide au départ. L’objectif reste de lire et prononcer directement depuis l’arabe. La langue arabe est précise : une voyelle changée peut modifier le sens.

Profiter des prières pour réviser. On récite le tachahoud au minimum dix-sept fois par jour dans les cinq prières obligatoires. C’est la meilleure révision qui soit. Chaque salat est une session d’apprentissage.

Écouter un récitateur. La prononciation juste s’acquiert par l’oreille. Les applications islamiques proposent des enregistrements audio du tachahoud. Écoutez, imitez, corrigez.

Conclusion

Le tachahoud n’est pas une simple formule à réciter. C’est un dialogue avec Allah, un renouvellement de la shahada, une salutation envoyée au Prophète ﷺ, et une prière de paix pour tous les croyants. Le comprendre en français lui redonne toute sa profondeur. Que vous récitivez la formule d’Ibn Mas’oud, d’Omar ou d’Ibn Abbas, l’essentiel est d’être présent, conscient, et sincère.

Questions fréquentes sur le tachahoud

Quelle est la différence entre le tachahoud 1 et le tachahoud 2 ?

Le tachahoud 1 est l’assise intermédiaire. On le récite après la deuxième rak’a dans les prières de trois ou quatre unités de prière. Il comprend uniquement les tahiyyat. Le tachahoud 2 est l’assise finale, à la fin de la dernière rak’a. Il comprend les tahiyyat et la salat ibrahimiyya. C’est ce qu’on appelle le tachahoud complet. La prière de fajr n’a qu’un seul tachahoud, le final, puisqu’elle ne compte que deux rak’at.

Peut-on réciter le tachahoud en français ?

La grande majorité des savants exige la récitation en langue arabe. Le tachahoud est une invocation transmise par le Prophète Muhammad ﷺ dans une formulation précise. La changer revient à sortir de la Sunna. Pour les nouveaux convertis ne maîtrisant pas encore l’arabe, certains savants autorisent une période transitoire en langue maternelle, à condition de fournir un effort d’apprentissage rapide. La traduction française sert à comprendre pas à remplacer la récitation en arabe.

Que faire si on oublie le premier tachahoud ?

Si on réalise l’oubli avant de s’être complètement relevé, on peut revenir en position assise et réciter le tachahoud. Si on est déjà debout, on ne revient pas. On continue la prière normalement jusqu’à la fin. On effectue ensuite deux prosternations de réparation (sujud as-sahw) avant le taslim, selon la majorité des savants.

Quelle formule du tachahoud choisir ?

Les trois formules, celle d’Ibn Mas’oud, d’Omar Ibn Al-Khattab, et d’Ibn Abbas, sont toutes authentiques et rapportées dans des hadiths reconnus. La formule d’Ibn Mas’oud est la plus répandue dans le monde musulman. Il est possible de varier entre elles pour appliquer l’ensemble de la Sunna. Si vous avez appris une version précise depuis l’enfance, continuez à la réciter. La priorité est la stabilité et le khushou’.

Doit-on lever l’index pendant le tachahoud ?

Oui. Lever l’index de la main droite au moment de l’attestation de foi (ashhadou an la ilaha illallah) est une sunna authentique. Le Prophète ﷺ a dit à propos de ce geste qu’il est « plus dur pour le diable que le fer » (rapporté par Ahmad). La main droite est posée sur la cuisse droite, l’index levé vers la qibla. La main gauche reste à plat sur la cuisse gauche. Ce geste symbolise l’unicité de la divinité.

Le tachahoud complet inclut-il obligatoirement la salat ibrahimiyya ?

Dans le tachahoud final, oui. La salat ibrahimiyya, qui est la prière sur le Prophète ﷺ et la famille d’Ibrahim, fait partie intégrante du tachahoud complet. Dans le tachahoud intermédiaire, elle ne se récite pas. On se lève directement pour la rak’a suivante après les tahiyyat.

Combien de fois récite-t-on le tachahoud par jour ?

Dans les cinq prières obligatoires, le tachahoud revient au minimum dix-sept fois. Ce chiffre tient compte de tous les tachahouds intermédiaires et finaux de fajr, dhouhr, asr, maghreb et icha. C’est la répétition la plus fréquente de la journée du musulman, plus encore que la fatiha. Cette régularité fait du tachahoud la porte la plus directe pour ancrer l’attestation de foi dans le cœur.

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