Habillement de l’homme musulman selon la Sounnah : autorisé, interdit et règles pour la baignade (à la piscine …)

Sarouel de bain habillement homme à la piscine ou baignade

La question de la tenue vestimentaire est loin d’être anodine en Islam. Elle touche à notre identité, à notre pudeur, et surtout à notre rapport avec Allah سبحانه وتعالى. Pourtant, combien de musulmans naviguent à tâtons sur ce sujet, soit par manque d’information, soit parce qu’ils ont intégré les normes de la société sans les questionner à la lumière de la Sounnah ?

Cet article n’a pas pour but de vous dicter un style précis. Il vise à poser les bases claires tirées du Coran, de la Sounnah et du consensus des savants : ce qui est autorisé, ce qui est interdit, et les nuances entre les deux. À partir de là, chaque frère est libre de ses choix vestimentaires dans le cadre qu’Allah a établi.

Pourquoi la pudeur vestimentaire est une obligation en Islam, pas une option

Avant même de parler de vêtements, il faut comprendre que la pudeur est une valeur centrale dans notre dîn. Le Prophète ﷺ a dit :

« La pudeur ne produit que du bien. » (Bukhari et Muslim)

S’habiller décemment n’est pas une contrainte imposée de l’extérieur. C’est l’expression d’une disposition intérieure : celle du croyant qui se sait observé par Allah en tout temps et en tout lieu. La tenue vestimentaire est donc avant tout une question de cœur avant d’être une question de tissu.

Quelle est la ‘awra de l’homme que le Coran et la Sounnah obligent à couvrir ?

Le point de départ incontournable est la ‘awra, c’est-à-dire les parties du corps qu’il est obligatoire de couvrir. Pour l’homme, le consensus des quatre écoles juridiques (hanafite, malikite, shafiite, hanbalite) est que la ‘awra va du nombril au genou inclus.

Autrement dit :

  • Le nombril et le genou font partie de la ‘awra selon la majorité des savants.
  • Exposer cette zone devant des hommes étrangers ou en public constitue une faute.

Il est important de noter que cette obligation s’applique en dehors de la prière aussi. Certains frères pensent que la ‘awra n’est à couvrir que pour la salât. C’est une erreur. La pudeur vestimentaire est une obligation permanente dans les espaces où d’autres peuvent vous voir.

Vêtements interdits pour l’homme musulman : les lignes rouges à ne jamais franchir

1. L’isbal : Laisser traîner le vêtement sous la cheville

C’est l’un des points les plus clairement établis dans la Sounnah. Le Prophète ﷺ a dit :

« Ce qui dépasse les chevilles du izar (vêtement du bas) sera dans le Feu. » (Bukhari)

Dans un autre hadith, il précise :

« Allah ne regardera pas, au Jour du Jugement, celui qui traîne son vêtement par orgueil. » (Bukhari et Muslim)

Les savants ont débattu de la condition de l’orgueil dans cette interdiction. La position la plus prudente, adoptée par de nombreux oulémas contemporains, est d’éviter l’isbal de manière générale, que ce soit par orgueil ou non, pour rester loin de ce qui est clairement désapprouvé.

Donc, le pantalon, la djellaba, le kamis ou tout autre vêtement du bas doit s’arrêter au-dessus de la cheville. Idéalement à mi-mollet selon la Sounnah, mais au minimum au-dessus de la cheville.

2. La soie pure et l’or : deux matières explicitement interdites aux hommes

Le Prophète ﷺ a interdit aux hommes de porter de la soie et de l’or :

« Ces deux-ci sont interdits aux mâles de ma communauté, et permis à leurs femelles. » (Abu Dawud, An-Nasa’i)

Cela concerne :

  • Les vêtements en soie pure (un mélange avec un pourcentage mineur de soie est autorisé selon certains savants).
  • Les bijoux en or : bagues, chaînes, bracelets. La bague en argent, elle, est autorisée et faisait partie de la Sounnah du Prophète ﷺ.

3. Imiter la femme dans sa tenue (at-Tashabbuh)

Le Prophète ﷺ a maudit l’homme qui imite la femme dans sa tenue et son apparence. Cela ne se limite pas à porter des vêtements féminins au sens strict. Cela inclut tout ce qui, dans une société donnée, est reconnu comme un attribut exclusivement féminin.

4. Les signes religieux propres aux non-musulmans

Cette question est plus nuancée. Le principe posé par le Prophète ﷺ est :

« Celui qui imite un peuple fait partie de ce peuple. » (Abu Dawud)

Les savants précisent que la ressemblance interdite concerne les signes religieux ou identitaires propres aux non-musulmans : la croix portée à titre religieux, les tenues liturgiques spécifiques, etc. Porter un jean, une chemise ou des chaussures de sport n’entre pas dans cette catégorie, car ces vêtements n’appartiennent pas à une identité religieuse particulière.

5. Le vêtement d’ostentation et de notoriété

Le Prophète ﷺ a dit :

« Quiconque porte un vêtement de notoriété ici-bas, Allah lui fera porter un vêtement d’humiliation au Jour du Jugement. » (Abu Dawud, Ibn Majah)

Cela vise les tenues portées dans un but de se distinguer, d’afficher sa richesse ou de se faire remarquer, qu’elles soient trop luxueuses ou délibérément misérables pour attirer l’attention.

Tenues recommandées selon la Sounnah du Prophète ﷺ

Au-delà des obligations et des interdits, la Sounnah du Prophète ﷺ nous a laissé des recommandations précieuses.

  • La couleur blanche est recommandée. Le Prophète ﷺ aimait le vêtement blanc et a dit : « Portez le blanc, car c’est la meilleure de vos tenues. » (Abu Dawud, Tirmidhi)
  • Commencer par le côté droit en s’habillant.
  • Prononcer le dou’a en s’habillant : « Alhamdoulillahi alladhi kasânî hâdhâ wa razaqanîhi min ghayri hawlin minnî wa lâ qouwwah. »
  • La propreté et la bonne apparence : le Prophète ﷺ était soigné dans sa tenue et encourageait ses compagnons à se présenter bien.

Le sarouel musulman : la tenue de la Sounnah que tout frère devrait connaître

On ne peut pas parler de l’habillement du musulman sans évoquer le sarouel (ou sirwal), ce pantalon ample bien connu. Il connaît aujourd’hui un véritable essor dans nos communautés, et ce n’est pas un hasard.

Le sarouel fait partie des vêtements que le Prophète ﷺ et ses compagnons portaient. Il est mentionné dans plusieurs hadiths authentiques. Sa coupe ample respecte naturellement la pudeur, couvre bien la ‘awra, et s’arrête souvent au-dessus de la cheville, répondant ainsi aux critères de la Sounnah sans effort particulier.

Confortable, aéré, facile à enfiler pour la prière, il est devenu la tenue de référence dans beaucoup de mosquées et de milieux pratiquants. Il peut se porter seul, avec un kamis, une djellaba courte, ou même un t-shirt sobre au quotidien.

Points d’attention sur le sarouel

Même le sarouel doit respecter les règles générales :

  • Il ne doit pas traîner sous la cheville. Certains modèles très amples peuvent atteindre le sol. Veillez à choisir la bonne taille ou à le retrousser légèrement.
  • Le tissu doit rester opaque. Un sarouel trop fin qui laisse voir la peau ne remplit pas son rôle de vêtement pudique.
  • Évitez les modèles trop moulants au niveau de la ‘awra, même si le tissu est ample dans les jambes.

En dehors de ces points, le sarouel est une tenue qu’on peut porter avec fierté, sachant qu’elle s’inscrit dans l’héritage du Prophète ﷺ.

Homme musulman à la piscine ou à la plage : ce que la Sounnah dit sur la tenue de bain

C’est un sujet que beaucoup de frères évitent ou traitent à la légère. Pourtant, la règle est la même partout : la ‘awra reste obligatoire à couvrir, même dans l’eau. Le fait d’être à la piscine, à la mer ou dans un hammam ne suspend pas cette obligation.

Ce qu’il faut absolument couvrir dans l’eau

Du nombril au genou inclus. C’est la règle, et elle ne change pas selon l’endroit. Un short de bain qui remonte au-dessus du genou lorsqu’il est mouillé, ou qui descend trop bas et laisse apparaître le nombril, ne satisfait pas aux exigences de la pudeur islamique.

Le short de bain occidental classique ,souvent court, moulant, et transparent une fois mouillé, pose plusieurs problèmes :

  • Il remonte fréquemment au-dessus du genou.
  • Mouillé, il colle au corps et dessine la silhouette.
  • Certains modèles laissent apparaître des zones de la ‘awra.

Le sarouel de bain : la solution pratique et islamique

C’est là qu’intervient le sarouel de bain, aussi appelé boardshort long islamique ou sarouel aquatique. Ce vêtement conçu spécifiquement pour les activités aquatiques répond aux besoins du frère pratiquant sur plusieurs points :

  • Il couvre du nombril jusqu’en dessous du genou, satisfaisant ainsi l’obligation de couvrir la ‘awra.
  • Le tissu séchage rapide ne colle pas au corps une fois mouillé, préservant la pudeur même dans l’eau.
  • La coupe ample ne moule pas et ne dessine pas les formes.
  • Il permet une liberté de mouvement suffisante pour nager, jouer, ou simplement profiter de l’eau.

Des modèles spécialement conçus pour les musulmans existent désormais sur le marché, avec des cordons solides, des tissus adaptés à l’eau chlorée et salée, et des coupes qui restent en place lors des mouvements. On peut aussi simplement opter pour un short de bain long (type boardshort) qui dépasse bien le genou, à condition qu’il ne soit pas trop moulant mouillé. vous pouvez vous procurer UN sarouel de bain ici.

La mixité à la piscine : une question à part entière

Au-delà de la tenue, la question de la piscine mixte mérite d’être soulevée. Les savants ont des positions variées sur la fréquentation des espaces de baignade mixtes, en fonction du contexte, de la nécessité, et du niveau de fitna présent. Ce n’est pas l’objet de cet article, mais chaque frère doit poser la question à un savant de confiance s’il souhaite une réponse adaptée à sa situation.

Ce qui est clair en revanche, c’est que si un frère se baigne, que ce soit dans un contexte mixte ou non, l’obligation de couvrir sa ‘awra demeure entière.

Et le hammam ou les vestiaires ?

La règle s’applique aussi dans les hammams, saunas, et vestiaires collectifs. Être en présence d’autres hommes ne rend pas la ‘awra facultative. Le Prophète ﷺ lui-même a ordonné de préserver sa pudeur y compris dans la solitude :

« Soyez pudiques envers Allah comme il se doit. » (Tirmidhi)

Et Ibn ‘Abbas رضي الله عنه rapporte que le Prophète ﷺ a dit :

« Ne découvrez pas votre cuisse, et ne regardez pas la cuisse d’un vivant ni d’un mort. » (Abu Dawud)

Ce que l’Islam autorise dans l’habillement masculin : une large liberté

Il faut le dire clairement : l’Islam laisse une très grande liberté dans le choix vestimentaire, du moment que les interdits sont évités. Le frère qui porte un pantalon de ville, une chemise, ou des habits modernes ne commet aucune faute si :

  • La ‘awra est couverte.
  • Le vêtement n’est pas en soie pure ni orné d’or.
  • Le pantalon ne descend pas sous la cheville.
  • La tenue n’imite pas un signe religieux non-musulman.
  • Elle n’est pas portée par ostentation.

Les couleurs, les coupes, les matières (coton, lin, polyester…), le port d’une montre en argent ou en acier, les chaussures de sport, les vestes, les manteaux… tout cela relève du domaine du mubah (le permis). Allah سبحانه وتعالى est vaste dans Sa miséricorde et n’a pas alourdi notre dîn sans nécessité.

L’intention : transformer chaque tenue en acte d’adoration

Nos savants l’ont toujours rappelé, l’intention transforme un acte ordinaire en adoration. S’habiller proprement, sobrement, en ayant conscience que vous êtes serviteur d’Allah et ambassadeur de cette religion dans votre quartier, votre lieu de travail, votre ville… c’est déjà un acte d’ibada.

Le frère qui met son sarouel ou son kamis avec l’intention de suivre la Sounnah est récompensé. Celui qui choisit une tenue propre et décente avec l’intention d’honorer le dîn devant les autres est récompensé aussi.

Conclusion : ce que l’homme musulman doit retenir sur son habillement

Les règles sont simples à retenir :

Obligatoire : couvrir la ‘awra (nombril aux genoux inclus), en tout lieu et en toute situation, y compris à la piscine.
Interdit : soie pure, or, isbal, ressemblance avec les femmes, tenue d’ostentation.
Recommandé : blanc, propreté, dou’a en s’habillant, s’arrêter au-dessus de la cheville.
À la piscine : sarouel de bain ou short long non moulant couvrant bien le genou.
Permis : tout le reste, dans les limites ci-dessus.

Qu’Allah nous accorde la tawfîq de suivre la Sounnah dans tous les aspects de notre vie, y compris dans notre apparence. Qu’Il nous préserve de l’orgueil, de la négligence et de ce qui Lui déplaît.

Wa Allahu a’lam.

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